Dessine moi le bureau de demain : une bulle de travail dans un espace naturel qui ne ressemble pas à un bureau.

Un petit coup d’Etat contre la « dictature du cool » : voilà comment l’on pourrait résumer sommairement l’un des enseignements à tirer de l’étude publiée par Ingrid Nappi-Choulet. Professeur titulaire de la Chaire Immobilier et Développement Durable, Ingrid Nappi-Choulet a interrogé quelque 400 étudiants de l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales) aux mois de mai et de juin 2016. Son axe de recherche : le bureau de demain imaginé par les futurs managers. Son référentiel : une enquête réalisée trois ans plus tôt par la Chaire Immobilier et Développement Durable de l’ESSEC, sur le même thème du bureau de demain. Un bon moyen, comme le souligne le préambule de l’étude, d' »esquisser une distinction entre les effets de mode des tendances de fond, s’agissant des lieux du travail et de leur aménagement ». En effet, le modèle Google – défini comme « l’extrême inverse du bureau classique » – ne fait pas ou plus l’unanimité chez les étudiants. Près d’un tiers d’entre eux émettent des réserves à son endroit, et 12% se disent même opposés à ce type d’organisation. Ces réserves poussent les auteurs de l’étude à considérer que « La dictature du cool [est] désormais renversée ». Le modèle Apple, défini comme une bulle de travail dans un espace naturel, semble lui plus en vogue : près d’un étudiant sur quatre (23%) serait attiré par cette configuration, qui doit aboutir l’an prochain à Cupertino avec le nouveau campus d’Apple.

Si certaines modes sont cycliques, le théorème ne s’applique apparemment pas aux espaces de travail. En effet, le bureau traditionnel ne fait pas un come backfracassant chez les jeunes générations. Loin de là… Seuls 13% des sondés s’imaginent dans un environnement traditionnel, auquel sont pourtant habitués leurs aînés. Les grandes entreprises en quête de têtes bien pleines et bien faites devront donc rivaliser d’imagination pour repenser leurs espaces de travail. Et la tâche s’annonce ardue… En effet, les managers de demain plébiscitent le plus souvent (23%) « un lieu qui ne ressemble pas à un bureau » (sic).

70 % des étudiants s’imaginent travailler dans un tiers-lieu à la sortie de l’école

Dès lors, la notion de tiers lieux semble bien incarner la réponse à ces nouvelles attentes, dans la mesure où les étudiants de l’ESSEC restent attachés à la démarche de se rendre au bureau. Le home office, prôné par nombre d’entreprise, n’offre donc pas une solution idoine, la distinction entre lieu de résidence et lieu de travail restant cruciale pour la plupart des sondés. « 70 % des étudiants s’imaginent travailler dans un tiers-lieu à la sortie de l’école » souligne le résumé de l’étude. Un plébiscite à prendre avec précaution, car tout dépend du rythme des visites. Seuls un tiers des étudiants interrogés affirment souhaiter travailler régulièrement dans un tel espace, la moitié des sondés (51%) ne s’y projettent que de façon occasionnelle par peur du bruit et du manque d’interactions avec le « vrai » siège de l’entreprise. « Compliquée, la génération Y ? », s’interrogent logiquement les auteurs de l’étude… Indécise, au moins !

Difficile, donc, de répondre à ces subtilités organisationnelles. Mais une chose est sûre : le bureau de demain jouera un rôle de premier plan dans les ressources humaines, afin de recruter les meilleurs éléments. Les espaces de travail seraient déterminants pour 36 % des étudiants de l’ESSEC à l’heure de choisir leur futur employeur.

Les autres enseignements de l’étude réalisée par Ingrid Nappi-Choulet sont compilés dans cette infographie, à retrouver via ce lien :

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